Des sols propres et des photos impeccables
Le temps où les archéologues, les architectes et les épigraphistes de la MafS devaient tout relever à la main sur le terrain pendant de longues heures sous le soleil torride est fini. Tout cela grâce à Emmanuel Laroze.

Armé de ses appareils photo, il mitraille les secteurs d’étude pour faire de la photogrammétrie. Cette technique analyse les images pour déterminer les perspectives et dimensions de l’objet photographié. Elle permet ainsi de créer une modélisation 3D et de sortir une photographie sans distorsion, correcte sur le plan métrique (orthophoto). Tous les relevés peuvent donc être dessinés directement à partir de ces photographies, sur l’ordinateur.
Pour exécuter ce procédé, différentes étapes sont nécessaires. Il est tout d’abord important de placer des repères à l’emplacement de la zone à photographier. Ces cibles permettent à l’ordinateur de calculer les dimensions ou même de replacer les coordonnées géographiques si les repères sont des points topographiques. Il est possible de faire de la photogrammétrie sans référentiel, mais il ne sera dès lors pas possible de déterminer les dimensions exactes sur le produit fini.
Avant le travail photographique, il faut souvent aussi nettoyer le terrain. Cette année, Emmanuel Laroze a fait le relevé d’une partie du temple d’Ânkhnespépy II. Il a donc fallu commencer par désensabler tous les dallages et enlever certains gros blocs qui encombraient la vue.


Vient ensuite la phase de photographie. Il est essentiel de prendre un nombre important de clichés qui se recoupent, et ce depuis plusieurs points de vue. Lorsqu’il s’agit d’une large zone dont on aimerait le plan, comme le temple d’Ânkhnespépy II, les photos sont généralement prises en hauteur avec une perche.
La perche photo est aussi utile lorsque l’on photographie de hautes parois, comme celles décorées de Textes des pyramides. Emmanuel Laroze a terminé cette année le relevé de la chambre funéraire de Pépy II. Pour effectuer la photogrammétrie des parois qui sont derrière le sarcophage, il a toutefois dû improviser, car il est impossible de prendre des photos avec un gros appareil type « reflex ». Il a utilisé son téléphone portable, branché sur une perche à selfie, et a ainsi pu couvrir toute la surface aisément.

L’étape finale consiste à importer toutes les photographies dans le logiciel qui calcule le nombre de points sur les différents clichés et reconstitue l’ensemble photographié. Il est ensuite possible d’exporter un fichier 3D ou de sortir plans, coupes ou élévations.
Bienvenue dans l’archéologie 2.0 !

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