LES TEXTES DES PYRAMIDES

INTRODUCTION

Les Textes des Pyramides forment le plus ancien corpus inscrit connu au monde. Gravés sur les parois des appartements funéraires des pyramides de la fin de la Ve à la VIIIe dynastie (de environ 2350 av. J.-C. à environ 2150 av. J.-C.), ces textes composés de centaines de formules ont pour but d'assurer la survie post-mortem du pharaon. 

« Ton nom vivra sur terre, ton nom grandira sur terre, tu ne périras jamais, tu ne disparaîtras jamais, pour toute éternité. »

TP 422, Pyr. 764 a-b

À ce jour, onze pyramides à textes sont connues. Toutes se trouvent sur le site de Saqqâra. Les premières pyramides inscrites sont découvertes en 1880-1881 et leurs textes sont publiés par l’égyptologue français Gaston Maspero (les pyramides des rois Pépy Ier, Merenrê, Ounas, Pépy II et Téti).

Entre 1925 et 1932, l’égyptologue suisse Gustave Jéquier identifie et publie plusieurs nouvelles pyramides à textes (les pyramides des reines Neit, Ipout et Oudjebten, trois épouses de Pépy II, ainsi que celle du roi Ibi).

Depuis, la MafS a découvert la pyramide de la reine Ânkhnespépy II en 2000 et celle de la reine Béhénou en 2010. La Mission a également retrouvé des Textes des Pyramides dans d’autres contextes (Mérétitès, Rêhéryshefnakht, Ipout). 

Les onze pyramides à textes du site de Saqqâra, dont sept sont actuellement étudiées par la MafS.

 

TEXTES DES PYRAMIDES ÉTUDIÉS

Textes des Pyramides découverts avant la MafS
Textes des Pyramides découverts par la MafS
Téti

La pyramide de Téti fut ouverte le 29 mai 1881 par Gaston Maspero. En 1951, Jean Sainte-Fare Garnot, alors directeur de l’Ifao, et Jean-Philippe Lauer se penchèrent à nouveau sur l’étude de la pyramide de Téti. Jean-Philippe Lauer déblaya la descenderie qui était totalement encombrée d’éboulis et de fragments de parois et entreprit la consolidation de l’antichambre. Jean Sainte-Fare Garnot commença à inventorier les blocs, mais les activités furent interrompues à plusieurs reprises, jusqu'au décès de Jean Sainte-Fare Garnot, en 1963.

 

En 1964 et 1965, Jean-Philippe Lauer et Jean Leclant reprirent les travaux, aidés de Jean-Pierre Corteggiani, et en 1966, deux campagnes de fouilles furent effectuées à la pyramide de Téti par la MafS. Les appartements funéraires furent entièrement vidés de tous les décombres, et les chevrons consolidés. Les blocs furent placés dans un magasin construit spécifiquement pour les accueillir.

En 2001, Élise Bène a repris l’étude des Textes de la pyramide de Téti, d’abord dans le cadre d’une thèse de doctorat, soutenue en 2006. Tous les fragments ont à cette occasion été inventoriés, dessinés, scannés, photographiés, et les textes des murs détruits remontés sur ordinateur. Les textes des murs conservés in situ sont copiés. La publication est en cours de préparation.

Pépy Ier

Les Textes des Pyramides de Pépy Ier furent les premiers a avoir été découverts en mai-juin 1880, sous l’impulsion de Gaston Maspero. 

 

En 1965, Jean Leclant et Jean-Philippe Lauer entreprirent des travaux de déblaiement, de soutènement et de consolidation dans la pyramide. Au cours des opérations furent recueillis plusieurs milliers de fragments. Tous furent dessinés et étudiés afin de reconstituer les parois détruites. À partir de 1985 et durant plusieurs campagnes, Michel Wuttmann (Ifao) dirigea la phase finale de restauration et d’aménagement des appartements funéraires, avec remise des fragments inscrits à leur place d’origine, aidé par l’équipe de restauration de l’Organisation des Antiquités de l’Égypte de Saqqâra.

Le nombre de formules identifiées est d’environ 569, auxquelles il faut ajouter 82 formules « nouvelles », non encore répertoriées et numérotées de 1001 à 1081.

Les textes de la pyramide de Pépy Ier furent publiés en fac-similés à l’Ifao en 2001 : J. Leclant, C. Berger-el Naggar, B. Mathieu et I. Pierre-Croisiau, Les textes de la pyramide de Pépy Ier (Mémoires de l'Ifao 118), 2001, 2e éd. 2010.

Merenrê Ier

La pyramide de Mérenrê fut ouverte, à la demande d’Auguste Mariette, à la fin de l’année 1880. H. Brugsch y pénétra début janvier 1881 et rédigea un premier rapport. Gaston Maspero fit le relevé des inscriptions et supervisa les estampages.

À la fin de la campagne 1970-1971, Jean Leclant et Jean-Philippe Lauer rouvrirent la pyramide de Merenrê pour y entreprendre des travaux qui sont poursuivis jusqu’en 1974 et de 1976 à 1980. Afin d’éviter tout effondrement, des consolidations furent réalisées au fur et à mesure des dégagements. Dans le monument dévasté ont été recueillis, au cours des années, plus de deux mille fragments. Tous ont été dessinés et étudiés.

Le nombre de formules identifiées est d’environ 627 auxquelles il faut ajouter 51 formules « nouvelles », non encore répertoriées et numérotées de 1101 à 1151.

L’édition des textes de la pyramide de Mérenrê fut publiée en fac-similés à l’Ifao en 2019 : I. Pierre-Croisiau, Les textes de la pyramide de Merenrê (Mémoires de l'Ifao 140), 2019.

Pépy II

La pyramide de Pépy II fut ouverte en avril 1881 par Gaston Maspero qui en publia peu après ses Textes des Pyramides. Ces mêmes textes sont repris dans l’édition synoptique de Kurt Sethe avec quelques corrections et ajouts. Dans les années 1930, Gustave Jéquier reprend la fouille du complexe de Pépy II et, après un intense travail de reconstitution à partir des blocs épars, publie une série de nouveaux Textes issus de la pyramide. La majorité des blocs est aussi remise à leur place originelle sur les parois. Pour la publication, Gustave Jéquier propose une copie à main levée des nouveaux Textes de la pyramide, en colonnes, reprenant plus ou moins la manière dont les hiéroglyphes sont agencés. Après cela, la pyramide est rouverte à quelques occasions pour diverses études, mais qui ne se concentrent pas sur les Textes des Pyramides.

En 2018, la MafS ajoute la pyramide de Pépy II à son programme d’étude des Textes des Pyramides. Il s'agit de la dernière pyramide de pharaon qui ne bénéficie pas encore de relevé photographique ou de fac-similé et dont tous les Textes n’ont pas été édités, malgré les diverses publications dont ils ont fait l’objet. Un état des lieux de l'intérieur de la pyramide a déjà été dressé. La restauration, l’étude et le relevé fac-similé des Textes des Pyramides seront entrepris dans les années à venir.

Neit

La pyramide de la reine Neit, une épouse de Pépy II, fut découverte en 1931 par l’archéologue suisse Gustave Jéquier. Les Textes des Pyramides, presque entièrement conservés, décorent les murs de la chambre funéraire. 

 

En 2012, la MafS a rouvert la pyramide pour effectuer une couverture photographique des Textes. Une publication présentant les nouvelles recherches issues de ces travaux est en préparation sous la direction de Philippe Collombert.

Ibi

La pyramide du roi Qakarê Ibi (VIIIe dynastie ; -2150-2134) a été découverte par l’égyptologue suisse Gustave Jéquier en 1930 et publiée en 1935. Elle est située à Saqqâra sud à proximité de la chaussée de la pyramide de Pépy II. Ses dimensions ainsi que son infrastructure divergent de celles des rois de la VIe dynastie et correspondent à l’arrangement qui se retrouve dans les pyramides des reines de la même époque. Certaines hypothèses suggèrent qu’Ibi aurait usurpé une pyramide de reine (notamment Ânkhesenpépy IV ou Nitocris). Les textes gravés dans la chambre funéraire sont toutefois d’origine.

 

Lors de la mission 2015, la MafS a rouvert la pyramide d’Ibi et a découvert des centaines de fragments inédits et inscrits de Textes des Pyramides. Ils sont actuellement en cours d’étude par Christelle Alvarez qui est en charge de la publication.  

Ânkhnespépy II

C’est en février 2000, sous la direction d’Audran Labrousse, que la MafS découvrit les premiers fragments de Textes des Pyramides de la reine Ânkhnespépy II. Celle-ci fut successivement épouse de Pépy Ier, épouse de Mérenrê, puis mère de Pépy II et, à ce titre, régente durant les premières années de règne de son fils. C’est sans conteste son statut éminent et son rôle politique majeur qui firent de cette reine le premier personnage féminin de l’histoire pharaonique à avoir bénéficié de textes gravés dans ses appartements funéraires. L’inscription de son magnifique sarcophage la mentionne du reste comme « mère royale ».

Les campagnes de fouilles successives de la MafS, de 2000 à 2003, puis de 2008 à 2010, et enfin à l’automne 2016, ont permis de mettre au jour près de 1400 blocs inscrits, de dimensions variables. Le remontage des parois, les propositions de restitution des textes perdus et la publication finale ont été confiés à Bernard Mathieu, avec la collaboration d’É. Bène et de A. Spahr.

On peut évaluer le total des formules des Textes des Pyramides initialement gravées dans les appartements funéraires d’Ânkhnespépy II à environ 365. La plupart sont de nouvelles versions de formules déjà présentes dans la pyramide de Pépy Ier, six sont de nouvelles formules, récemment identifiées dans la pyramide de Mérenrê (TP 1104, 1105, 1106, 1119, 1135, 1136), et dix sont des formules inconnues ailleurs, numérotées de 1201 à 1210.

Mérétitès II

La reine Mérétitès II, fille de Pépy Ier et épouse d'un Neferkarê, s’est fait construire sa pyramide à côté du complexe funéraire de son père. La chambre funéraire ne dispose pas de Textes des Pyramides sur ses parois, contrairement à trois autres épouses de Pépy II.

Parmi le matériel mis au jour dans son appartement funéraire se trouvent cependant treize fragments de bois décorés des Textes des Pyramides (notamment TP 422, 374, 359). Les Textes sont inscrits à la peinture noire sur fond jaune, en colonnes. Les parois relativement fines des fragments (2,5 cm d'ép.) suggèrent qu’ils devaient appartenir à un coffret plutôt qu'à un sarcophage ou même un coffre à canopes. D'après les textes, on peut reconstituer une hauteur de trente à quarante centimètres. La présence de ce coffret nous informe ainsi de l’existence d’autre(s) support(s) pour ce corpus.

Béhénou

Les Textes des Pyramides de la reine Béhénou sont les derniers à avoir été découverts. Plusieurs fragments repérés dans la nécropole laissaient supposer l’existence d’une nouvelle pyramide à textes et c’est au printemps 2010 que la MafS dégagea les appartements funéraires contenant les précieux textes. Au cours des déblaiements, furent mis au jour des milliers de fragments gravés de texte. Le remontage et l’étude des parois sont toujours en cours sous la direction de Catherine Berger et Marie-Noëlle Fraisse.

Plan et dimensions sont ceux attendus pour le monument funéraire d’une reine de la fin de l’Ancien Empire. La datation exacte de la reine Béhénou reste toutefois un problème. Grâce à un bloc de décoration de son temple funéraire, nous la savons « aimée de Pépy », mais lequel ? La situation de la tombe de Béhénou, à proximité du tombeau de Pépy Ier, pourrait raisonnablement conduire à dater la reine de ce règne, mais il semble que les inscriptions s’apparentent plutôt à celles des monuments des épouses de Pépy II.

Ipout

Quelques éclats de Textes des pyramides appartenant à une dame Ipout ont été retrouvés en surface par la MafS. Ils laissent deviner qu’une autre chambre funéraire enfermant ces textes funéraires doit se trouver sur le site. 

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Rêhéryshefnakht

La chambre funéraire de Rêhéryshefnakht renfermait quelques passages des Textes des Pyramides (TP 214 à 217), peints sur la paroi ouest. Elle contenait aussi un extrait des Textes des sarcophages (CT 335) sur la paroi est.

Son monument, aux dimensions beaucoup plus modestes, fut dégagé par la MafS en 2005. Il peut être daté du début du Moyen Empire. Surélevé d’une cinquantaine de centimètres par rapport aux monuments voisins, il fut construit en réutilisant une quantité de monuments de calcaire plus ou moins fragmentaires (tables d’offrandes, stèles, montants de chapelles), déposés autrefois dans les alentours.

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

© 2016 MAFS

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